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Le groupe américain propose aux Français de réserver des cours de cuisine, d’équitation ou de salsa. Cette diversification doit-elle l’inciter à s’immatriculer ? Nous avons posé la question à Atout France.

Cuisiniers, randonneurs, artisans ou simples habitants : Airbnb les invite tous à proposer, via sa plate-fome, une expérience sur 1 à 3 jours. C’est le projet Trips. Le géant de la location d’hébergements entre particuliers doit-il par conséquent s’immatriculer en France ? La question se pose, d’autant que le paiement des dites activités s’effectue dans l’application du groupe californien, qui empoche au passage une commission de 20%.

Lorsqu’un internaute réserve une activité via Expériences, la carte bancaire enregistrée dans Airbnb sert pour le règlement. Autrement dit, le prestataire n’a pas à gérer le paiement, c’est la plate-forme qui s’en occupe, et reverse ensuite 80% du montant au prestataire. « Le virement est effectué sur mon compte le deuxième jour de l’expérience », nous a expliqué Raphaele Leyendecker, fondatrice de Horseee, un spécialiste de balades équestres sélectionné dans les Expériences à Paris. Le même mode opératoire que pour les hébergements, en somme.

Pour Atout France, l’immatriculation est nécessaire

« Quand un acteur vend ce qu’il ne produit pas, il doit être immatriculé, ce qui est le cas avec Trips », souligne Valérie Boned, secrétaire générale déléguée des Entreprises du Voyage.

Christian Mantei, directeur général d’Atout France, est sur la même longueur d’ondes : « Il faut qu’Airbnb soit immatriculé, et la plate-forme le sera. Il n’y a aucune raison qu’elle ne le devienne pas ». D’autant qu’il s’agit d’un partenaire d’Atout France : « L’équipe parisienne (d’Airbnb) est très investie, nous avons d’excellentes relations. Sa stratégie, qui consiste notamment à se développer à la campagne et à la montagne, là où les hôtels ont parfois disparu, est très intelligente. Nous les soutenons ».

Une preuve supplémentaire d’intégration

L’immatriculation, en conformité avec la législation française, reste donc imparable, même s’il s’agit d’une entreprise américaine. « En s’immatriculant, ils vont aussi mieux s’intégrer à la communauté des acteurs français du voyage. C’est important », ajoute Christian Mantei.

Interrogé par nos soins, Airbnb France n’a pas (encore) déposé de demande en ce sens, nous a confirmé Emmanuel Marill, lors de l’Airbnb Open à Los Angeles. Mais le directeur France et Belgique du groupe californien n’a pas exclu, non plus, de le faire à terme.

C’est bien connu, les agences de voyages ne sont pas les seules à devoir s’immatriculer, pour rejoindre le « Registre des opérateurs de voyages et de séjours » . Dans le même esprit, la plate-forme de mise en relation entre réceptifs et voyageurs Evaneos s’est rangée à cette formalité, dès 2014. Idem pour le groupe hôtelier AccorHotels, une démarche motivée par le fait qu’il publie en ligne des forfaits montés par des hôtels, et des produits de partenaires (activités, voitures, forfaits…).

Source : www.lechotouristique.com, le 23/11/2016

http://www.lechotouristique.com/article/cas-d-ecole-airbnb-doit-il-etre-immatricule,85775